Site patrimonial remarquable et participation citoyenne : retour sur la Journée régionale de Périgueux

16 Juin 2026

Le 10 juin 2026, la ville de Périgueux a accueilli la Journée régionale Nouvelle-Aquitaine dédiée aux Sites patrimoniaux remarquables. Plus de 130 participants ont échangé sur un enjeu central : comment inciter les habitants à s’approprier leur Site patrimonial remarquable et les règlements qui s’y adossent ?

Après une ouverture par Michel Cadet, maire de Périgueux, Cyril Chappet, 1er adjoint au Maire de Saint-Jean-d’Angély et administrateur de Sites & Cités et Laëtitia Morellet, Directrice du pôle architecture et patrimoine à la DRAC Nouvelle-Aquitaine, la direction régionale a ensuite dressé un panorama des 155 SPR de Nouvelle-Aquitaine, ouvrant la voie à deux tables rondes thématiques.

Table ronde 1 : Co-construire le SPR au-delà de l’enquête publique

La première table ronde s’est concentrée sur la phase stratégique d’élaboration des SPR, avec pour objectif de dépasser les obligations légales pour bâtir un projet concerté grâce à la participation citoyenne. Pour susciter l’adhésion, les intervenants ont mis en avant la nécessité de diversifier les approches sur le terrain. Cela se traduit par le déploiement d’outils de concertation directe comme les questionnaires et les stands de marché présentés par Eve Pellat-Page, urbaniste OPQU, spécialisation en patrimoine, co-gérante associée de l’agence BE-AUA, mais aussi par une acculturation profonde de la population. Julie Marchand, docteure en sociologie urbaine et directrice de Connaixens, a ainsi plaidé pour une sensibilisation dès le milieu scolaire et auprès des artisans, tandis qu’Alain Darbon, maire de Saint-Léonard-de-Noblat, a insisté sur le portage politique de la fierté locale à travers des événements phares comme le « Mois de l’architecture ». Enfin, cette co-construction s’enrichit de la mémoire collective, à l’image des ateliers participatifs détaillés par Emile Lusignan, conseiller municipal délégué au budget participatif au bien-être animal et à la Mémoire, ville de Libourne, qui ont permis aux habitants de devenir acteurs du récit patrimonial de leur commune.

Table ronde 2 : Faire vivre le règlement par la médiation

Le second temps fort a déplacé le curseur vers l’application quotidienne des règles pour analyser comment, une fois le Site patrimonial remarquable approuvé, la médiation peut devenir un véritable outil d’accompagnement. Pour y parvenir, les intervenants ont insisté sur l’importance de la proximité et de la pédagogie afin de désamorcer la complexité des textes réglementaires. Cette dynamique passe par des actions « hors les murs » et ludiques, à l’image des visites de toits ou des approches ludiques présentées par Jeanne-Thérèse Bontinck, cheffe de projet Architecture et Patrimoine Ville d’art et d’histoire, ville de Périgueux, mais aussi par la création de lieux d’accueil identifiés. Benjamin Labède, responsable du pôle requalification des quartiers anciens, ville de Bayonne, a ainsi valorisé l’impact de la Boutique du patrimoine et de l’habitat de Bayonne, un guichet unique qui accompagne les pétitionnaires dans leurs démarches quotidiennes. Cette volonté d’accompagnement se traduit également par une offre d’outils et d’instances, Sylvain Schoonbaert, chef de projets architecture et patrimoine urbain en projet, ville de Bordeaux, ayant exposé l’utilisation du Comité local Unesco Bordeaux et des projets de fiches pédagogiques pour aider les acteurs de la réhabilitation du patrimoine, et par un dialogue d’instruction direct sur le terrain, défendu par Xavier Arnold, architecte des bâtiments de France de Dordogne, grâce au déploiement des permanences mensuelles des ABF.

Conclusion : 10 propositions pour l’avenir des SPR

En conclusion, cette Journée régionale a permis de dégager dix orientations clés pour stimuler la participation citoyenne : instaurer le dialogue en amont, intégrer de l’informel aux Commissions locales, multiplier les permanences de proximité, utiliser les inventaires participatifs, lier le patrimoine aux autres enjeux sociaux et urbains, former les professionnels, investir l’espace public, décloisonner l’urbanisme et la culture, créer des lieux dédiés (CIAP, boutiques de l’habitat) et s’appuyer sur des événements festifs.