À l’occasion de sa première Journée Régionale 2026 organisée à Figeac, l’association Sites & Cités remarquables de France a réuni plus de 100 participants autour de la thématique « Site patrimonial remarquable & Ruralité », dans le cadre des 10 ans de la loi LCAP.
Accueillie par la Ville de Figeac, qui célèbre cette année les 40 ans de son secteur sauvegardé, cette rencontre a rassemblé élus, services de l’État, techniciens, urbanistes, architectes et acteurs territoriaux afin d’échanger sur les enjeux spécifiques des SPR en milieu rural : gouvernance, ingénierie, outils de gestion, revitalisation des centres anciens, transition écologique ou encore transmission des savoir-faire artisanaux.
La journée a été ouverte par Philippe Landrein, maire de Figeac, aux côtés de Florence Sirot, directrice de Sites & Cités remarquables de France, Vincent Labarthe, vice-président de la Région Occitanie et président du Grand-Figeac, ainsi que Didier Delhoume, directeur du pôle Patrimoines et architecture de la DRAC Occitanie.
En introduction, Benjamin Guillaume, conseiller pour l’architecture à la DRAC Occitanie, a rappelé que l’Occitanie compte aujourd’hui 135 SPR, dont près de 60 % situés dans des communes de moins de 3 500 habitants, illustrant l’importance croissante des enjeux patrimoniaux en ruralité. Il a notamment souligné que « la ruralité n’est plus un angle mort des politiques patrimoniales ».
Les deux tables rondes, animées par Julie Marchand, docteure en sociologie urbaine et directrice de Connaixens, ont permis de croiser les regards d’élus, d’architectes, de services de l’État et de techniciens autour de plusieurs sujets majeurs : mutualisation de l’ingénierie, articulation entre SPR et les autres documents de planification, prise en compte du paysage, accompagnement des habitants ou encore évolution des outils de gestion depuis la loi LCAP.
En ouverture des échanges, Marie-Laure Petit, inspectrice des patrimoines au ministère de la Culture et grand témoin de la journée, a rappelé que « l’on ne protège plus uniquement un monument ou un centre ancien ; on protège désormais des systèmes territoriaux complets, des paysages vécus et des identités rurales ». Elle a également insisté sur le fait que « le patrimoine ne peut fonctionner durablement sans projet politique partagé ».
Les débats ont mis en lumière l’importance croissante du paysage dans les démarches patrimoniales rurales. Rémi Papillault, architecte du patrimoine, a notamment rappelé que « le paysage est devenu un véritable socle de lecture patrimoniale ».
La question de la gestion quotidienne des SPR a également occupé une place centrale. Lionel Mottin, architecte des bâtiments de France à l’UDAP du Lot, a souligné que « le rôle de conseil est devenu essentiel », particulièrement dans les territoires ruraux où l’ingénierie locale reste limitée.
Les échanges ont également fait émerger plusieurs préoccupations fortes autour de la transmission des savoir-faire artisanaux et de la qualité des réhabilitations.
Enfin, en conclusion de cette journée, Marie-Laure Petit a rappelé que les documents de gestion des SPR étaient aujourd’hui « des outils de projet autant que des outils de protection », tout en plaidant pour des dispositifs « plus lisibles, plus accompagnés et toujours plus ancrés dans les réalités locales ».
Les discussions se sont prolongées l’après-midi à travers une visite commentée du SPR de Figeac, permettant d’illustrer concrètement les enjeux évoqués tout au long de la matinée.
Un grand merci à l’ensemble des intervenants, partenaires et participants pour la richesse des échanges et leur engagement en faveur des centres anciens et des patrimoines ruraux.

