Ces espaces constituent une démarche d’urbanisme qualitatif qui propose d’appuyer la dynamique urbaine sur la ville existante et ouvrent des voies possibles pour nos territoires qui subissent des pressions très fortes. Ils sont aujourd’hui porteurs de recherches et réflexions permettant de lier conservation du patrimoine, culture, économie, social, environnement, logement, qualité des restaurations, etc. même si, curieusement, la loi relative à la liberté de création, à l’architecture et au patrimoine (loi LCAP) qui a fortement modifié les règles relatives aux espaces protégés a « sorti » les préoccupations environnementales des documents de gestion et en particulier des nouveaux plans de valorisation de l’architecture et du patrimoine.

Pourtant, la prise en compte du développement durable dans les politiques urbaines ouvre un autre regard et provoque la recherche d’une approche différente, une nouvelle vision de la ville. La technique, nécessaire, ne suffit pas, elle doit être utilisée avec discernement. La ville durable est vivante, elle fait appel à un développement harmonieux avec son environnement. C’est cette idée forte qui doit s’insérer dans tous les projets pour le mieux-être de ceux qui la fréquente, y vivent, travaillent, s’y déplacent et pour l’intérêt collectif. Nos quartiers anciens, hérités pour nombre d’entre eux du moyen âge sont, depuis des siècles, en constante évolution et peuvent participer pleinement à ce processus à condition que l’on sache (re)connaître leurs qualités et particularités. Enjeux patrimoniaux et environnementaux s’y conjuguent.  Denses, sources de développement et cœurs historiques de bassins de vie parfois importants, ils participent à l’attractivité d’un territoire, et sont parfois leur ultime atout. Leur potentiel doit être valorisé pour faire de ces quartiers des lieux uniques, accessibles à tous, confortables, agréables, répondant aux besoins de tous, y compris des plus démunis.

Développer et faire évoluer une ville en s’appuyant sur les traces de son passé, c’est à la fois respecter son histoire et transmettre sa culture. C’est faire œuvre de pédagogie, renouveler son économie, faire prendre conscience du patrimoine architectural, urbain, mais aussi de l’importance des paysages naturels ou urbains.

C’est aussi faire œuvre d’innovation comme en témoignent les travaux menés sur la prise en compte de l’efficience énergétique et des qualités patrimoniales des bâtiments anciens entre autres par des villes, parcs, CAUE, associations et le ministère de l’écologie à travers notamment le CEREMA. L’éco-restauration contribue non seulement à l’amélioration des performances du bâti traditionnel, mais elle est un gain pour la santé des occupants, elle favorise les solutions locales et personnalisées, et valorise les qualités patrimoniales des édifices.

Penser global, agir local, aborder toutes les composantes des quartiers anciens sont des marqueurs de l’approche développement durable. Comment prendre en compte les risques à travers les documents réglementaires et les pratiques quotidiennes ? Comment rendre décent et surtout attractif un parc immobilier trop souvent déqualifié ? Comment ne serait-ce que maintenir une activité commerciale dans ces centres fortement concurrencés ?

A travers divers groupes de travail, Sites & Cités remarquables de France accompagne les villes et territoires de son réseau dans la mise en place de leurs politiques d’urbanisme patrimonial et de développement durable. L’association a pour objectif de fédérer les compétences des acteurs du patrimoine, élus et techniciens autour des thématiques de l’habitat, logement et cadre de vie, l’urbanisme patrimonial, la redynamisation des centres les quartiers anciens et développement durable. Ainsi elle favorise les coopérations développe la connaissance mutuelle et les échanges, mais elle participe aussi à l’évolution du cadre législatif des espaces protégés et des outils d’urbanisme patrimonial en étant à l’écoute des territoires, en faisant remonter les besoins des collectivités.