Pour un ANRU à 360°

17 Sep 2026

Sites & Cités assistait à la Journée nationale de l’ANRU qui s’est tenue le 17 septembre dernier à l’Académie Fratellini à Saint-Denis, sur le thème « Ensemble, refaire ville ».

C’est sous le magnifique chapiteau de Patrick Bouchain et Loïc Julienne, que se sont réunis près d’un millier d’élus, bureaux d’étude, chercheurs et acteurs du territoire.

En ouverture, le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko et le Président de l’ANRU et maire de Dunkerque, Patrice Vergriete, ont dans leur discours, respectivement placé la dignité des habitants et la défense du logement social au centre des priorités, tout en appelant le vote rapide et impératif du programme ANRU 3. En effet, seul l’adoption définitive par le Parlement du projet de loi « Relance et décentralisation de logement » dans son article 1er, permettrait de sanctuariser un ANRU3 doté à ce jour, d’un montant de 5 milliards d’euros pour 150 quartiers.

Durant l’ensemble de la journée, qu’ils fassent le bilan des opérations passées ou qu’ils abordent des sujets plus actuels, l’essentiel des débats des élus et autres intervenants s’est porté sur :

  • Le cap politique et budgétaire de l’ANRU 3 :

Le lancement de cette nouvelle étape a été acté avec la volonté d’élargir son périmètre d’action, bien que sa concrétisation reste conditionnée par la mise en place rapide d’une loi dédiée et d’un calendrier précis.

  • L’urgence de l’adaptation climatique :

Face aux chocs environnementaux à venir, les participants ont massivement alerté sur la nécessité d’adapter les quartiers populaires au choc climatique, faisant de la transition écologique une priorité absolue pour les projets de demain.

  • L’humain et la cohésion sociale au centre du bâti :

L’unanimité s’est faite sur le besoin de dépasser la simple rénovation du bâti. Les élus ont exigé que la rénovation urbaine intègre pleinement le quotidien des familles à venir et des habitants actuels en consolidant les services publics, les écoles, l’emploi, la sécurité et la santé.

  • L’adaptation aux réalités locales et métropolitaines :

Les retours d’expérience du terrain ont mis en lumière l’importance d’ajuster les projets aux spécificités de chaque territoire, qu’il s’agisse des dynamiques des grandes métropoles ou des défis industriels et de reconversion propre à certaines communes.

Sur ce dernier point le maire de Villeurbanne, Cédric Van Styvendael, tout en sanctuarisant les Quartiers Prioritaires de la Ville (QPV), a prôné une extension de l’action de l’ANRU vers d’autres territoires fragiles, territoires ruraux ou villes moyennes.

C’est bien le sens de l’action portée par plusieurs élus au nombre duquel Didier Herbillon, maire de Sedan et Président de Sites & Cités remarquable de France, qui ont œuvré pour l’intégration des quartiers anciens dégradés dans le troisième programme de renouvellement urbain.

Les centres anciens et les tissus urbains historiques font en effet eux aussi face à des urgences tout aussi dramatiques :

  • La précarité et l’indignité du logement y revêtent des formes spécifiques (marchands de sommeil, copropriétés dégradées, bâti ancien insalubre)
  • La « maladaptation » face au réchauffement climatique y est critique en raison du manque de végétalisation, de la spécificité du bâti et de l’effet d’îlot de chaleur propre aux centres denses

Avec la possibilité d’allouer jusqu’à 20 % du budget ANRU à l’élargissement territorial englobant les quartiers anciens dégradés, les copropriétés en difficulté et les centres-villes des communes en déprise, c’est donc une étape importante qui a été franchie.

Pour que l’ANRU 3, soit vraiment un ANRU à 360°, il est effectivement souhaitable qu’il intègre pleinement ces typologies de quartiers historiques, afin d’éviter une fracture entre la requalification des grands ensembles et l’abandon des cœurs de villes anciens.