LES MÉTIERS

Dans le guide Gal­li­mard 2009 « Les pat­ri­moines de France » rassem­blant Villes et Pays d’art et d’histoire et Villes à secteurs sauve­g­ardés et pro­tégés, Pierre Cazenave écrivait à pro­pos des métiers du pat­ri­moine : « la notion de pat­ri­moine et aus­si vaste que les activ­ités humaines et aus­si var­iée que les œuvres de la nature : elle recou­vre un inven­taire éclec­tique allant du fos­sile de dinosaure au cou­vent de la Tourette … Les métiers du pat­ri­moine suiv­ent cette diver­sité qui cou­vrent le large champ des dis­ci­plines con­cernées mais aus­si les dif­férentes façons d’intervenir en sa faveur… ».

En par­al­lèle des métiers de la con­nais­sance tech­nique, de la restau­ra­tion ou de la créa­tion, sont apparus les métiers de la con­nais­sance his­torique et de la médi­a­tion. Les inspecteurs con­ser­va­teurs et his­to­riens, les admin­is­tra­teurs des mon­u­ments nationaux, les ani­ma­teurs de l’architecture et du pat­ri­moine et guides conférenciers.

L’emploi des ani­ma­teurs de l’architecture et du pat­ri­moine est directe­ment rat­taché à la con­ven­tion Ville ou Pays d’art et d’histoire, cadre juridique à durée déter­minée et renou­ve­lable tacite­ment. Leurs actions ne cessent d’évoluer et sont liées à des car­ac­téris­tiques et des sin­gu­lar­ités des villes, de leur his­toire, des cul­tures locales, des trans­for­ma­tions économiques et sociales. L’ensemble de ces spé­ci­ficités et le cadre légal d’emploi est un frein con­sid­érable aux aspi­ra­tions statu­taires qui n’ont pu aboutir.

En ce qui con­cerne les guides con­férenciers la struc­tura­tion des vis­ites peut-être aus­si bien portée par des col­lec­tiv­ités ou des asso­ci­a­tions, la com­mer­cial­i­sa­tion faisant l’objet de con­ven­tions com­plé­men­taires avec des organ­ismes privés ou des auto-entrepreneurs.

Recruté suite à la sig­na­ture de la con­ven­tion, l’animateur de l’architecture et du pat­ri­moine doit être placé au cœur du dis­posi­tif tech­nique et stratégique du pro­jet Ville ou Pays d’art et d’histoire. Sa struc­ture de rat­tache­ment, ser­vice cul­ture, tourisme ou urban­isme, par­fois secré­tari­at général d’une col­lec­tiv­ité, asso­ci­a­tion, EPCI… est tou­jours déter­mi­nante pour lui don­ner suff­isam­ment de marge de manœu­vre dans ses actions, ses propo­si­tions ses initiatives.

Sa fonc­tion de coor­di­na­teur et de médi­a­teur est large­ment recon­nue ce qui lui per­met de se situer à l’articulation entre des com­pé­tences mul­ti­ples et var­iées : uni­ver­sités, musées, ser­vices d’urbanisme et d’architecture, édu­ca­tion nationale, tourisme…  Ses mis­sions, son par­cours, les spé­ci­ficités du ter­ri­toire l’amènent à s’impliquer directe­ment dans la recherche sci­en­tifique : il peut être à l’initiative des travaux, y par­ticiper ou les diriger et les dif­fuser. En con­séquence il est amené à con­stru­ire l’interface entre la con­nais­sance sci­en­tifique et le grand pub­lic qui allie qual­ité et acces­si­bil­ité du dis­cours et des actions : vis­ites guidées, expo­si­tions, con­férences ou col­lo­ques, pub­li­ca­tions, out­ils péd­a­gogiques, sig­nalé­tique pat­ri­mo­ni­ale, cen­tre d’interprétation de l’architecture et du patrimoine…

Enfin, l’animateur de l’architecture et du pat­ri­moine doit devenir une force de propo­si­tion auprès des élus et des dif­férents respon­s­ables de sa ville ou son ter­ri­toire. Il faut aujourd’hui envis­ager son pro­fil de poste comme un vrai chef de pro­jet, « man­ag­er de ter­ri­toire » dépas­sant les sim­ples enjeux de l’animation et de la val­ori­sa­tion vers l’ambition d’un pro­jet cul­turel trans­ver­sal dont les pat­ri­moines sont les prin­ci­paux matériaux…

Le guide-con­férenci­er des Villes et Pays d’art et d’his­toire s’est longtemps dis­tin­gué des guides des musées classés et con­trôlés et des étab­lisse­ments publics, soit l’ensemble des guides provenant des for­ma­tions du tourisme à savoir le Guide-inter­prète local, le Guide-inter­prète nation­al et le Con­férenci­er national.

Le guide-con­férenci­er de la CNMHS, con­férenci­er local agréé par la Caisse nationale des mon­u­ments his­toriques et des sites, puis guide agréé par le min­istère de la Cul­ture à l’échelon région­al a assuré des vis­ites-con­férences sur le ter­ri­toire (com­mu­nal, départe­men­tal ou région­al) défi­ni dans la con­ven­tion Ville ou Pays d’art et d’histoire.

Dès les con­ven­tions « Villes d’art » et jusque dans les années 2000, un grand nom­bre de for­ma­tions con­tin­ues des­tinées à ren­forcer des con­nais­sances thé­ma­tiques ou des références régionales ou locales, étaient régulière­ment organ­isées par le CMN, puis par le min­istère de la Cul­ture et de la Com­mu­ni­ca­tion ain­si que par les ani­ma­teurs de l’architecture et du pat­ri­moine eux-mêmes. Ces for­ma­tions, soutenues finan­cière­ment par le ser­vice cen­tral, puis les DRAC et les régions ain­si que les villes et les ter­ri­toires, garan­tis­saient la qual­ité exigée dans les con­ven­tions et affichée dans les objec­tifs que les ser­vices se fix­aient en ter­mes d’excellence. Ces années ont per­mis de ren­dre lis­i­ble l’offre pat­ri­mo­ni­ale dans le tourisme, l’ensemble de ce réseau de ser­vices pat­ri­moines et de pro­fes­sion­nels offrant par ailleurs les fonde­ments du rap­proche­ment tant espéré entre Tourisme et Culture.

Le nou­v­el arrêté du 28 décem­bre 2016 (mod­i­fi­ant l’arrêté du 9 novem­bre 2011 relatif aux com­pé­tences req­ui­s­es pour la délivrance de la carte pro­fes­sion­nelle de guide-con­férenci­er aux tit­u­laires de licence pro­fes­sion­nelle ou d’un diplôme con­férant le grade de Mas­ter), doit élargir les pos­si­bil­ités d’accès à la carte de guide.

Ce débat n’est pas neu­tre. En 2016, il con­cerne env­i­ron 11 000 guides-con­férenciers recen­sés par la Direc­tion Générale de l’Économie et le min­istère de la Cul­ture et de la Com­mu­ni­ca­tion, dont 3 500 qui en font leur activ­ité prin­ci­pale. Depuis 2011, env­i­ron 230 nou­veaux guides par an sont for­més en France.