PETR Vallée Dordogne Corrézienne

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Présentation du territoire

La Vallée de la Dordogne corrézienne est située à l’extrême est de la Région Nouvelle-Aquitaine, au sud du département de la Corrèze, elle est frontalière avec le département du Lot (région Occitanie) et le département du Cantal (région Auvergne). Elle couvre environ 1 000 km² et accueille un peu moins de 25 000 habitants. Territoire rural et forestier, elle offre un cadre de vie préservé et des paysages contrastés : vallées encaissées creusées par la Dordogne et de nombreux autres cours d’eau, plateaux ondulés, buttes et plaines calcaires.

Son patrimoine bâti très riche reflète la grande diversité géologique du territoire.

La Vallée de la Dordogne corrézienne compte trois plus beaux villages de France, Beaulieu-sur-Dordogne, Collonges La Rouge et Curemonte.

La Dordogne, autrefois fougueuse et malmenant les gabariers, est aujourd’hui ralentie par plusieurs barrages érigés dans la seconde moitié du XXème siècle. Elle est classée réserve de biosphère par l’UNESCO depuis 2012 et une réserve naturelle régionale couvrant les gorges de la Maronne et les Tours de Merle a été labelisée en 2025.

Ses patrimoines naturel, bâti, culturel en font un territoire singulier qui se découvre en prenant le temps.

L’histoire en bref

Le territoire connaît une occupation humaine très ancienne, comme en atteste l’homme de la Chapelle-aux-Saints, fossile d’un homme de Néandertal découvert dans une grotte de la vallée de la Sourdoire en 1908. Dès le néolithique et l’adoucissement du climat, des communautés humaines s’installent en hauteur et des habitats se créent petit à petit sur les versants les mieux exposés. De nombreux monuments mégalithiques ainsi que des oppidums gallo-romains et des voies romaines témoignent également des occupations les plus anciennes du territoire.

Au milieu du 9e siècle, des moines bénédictins venus de Haute-Vienne, s’installent dans le village de pêcheurs de Vellinus et fondent l’abbaye de Beaulieu. Implantée dans un secteur très fertile grâce aux sédiments déposés par la rivière Dordogne, l’abbaye connait un essor important. À la fin du 11e siècle l’abbaye bénédictine de Beaulieu est rattachée à l’ordre de Cluny. C’est à cette période que l’abbatiale saint-Pierre est construite. Beaulieu devient alors une place commerciale importante. Marchands et gabariers assurent la prospérité économique de la ville. À partir du début du 13e siècle, l’abbaye perd peu à peu de sa puissance.

D’autre part, les abbayes cisterciennes d’Aubazine et de la Valette, fondées au 12e siècle, ont par la création d’un réseau monastique participé à l’évangélisation du Limousin. En effet, l’abbaye d’Aubazine et ses abbayes filles disposaient d’un patrimoine foncier important destiné à leur assurer une quasi-autarcie économique.

La vicomté de Turenne a marqué le territoire pendant près d’un millénaire, du 9e au 18e siècle. Elle s’est progressivement constituée autour du castrum de Turenne, englobant une vingtaine de vicairies et une centaine de paroisses limousines et quercynoises. Jusqu’à sa vente au roi Louis XV en 1738, elle s’étendait sur un vaste territoire comprenant une partie du haut-Quercy et la quasi-totalité des terres sud du Limousin, à l’exception de la coseigneurie des Carbonnières et des seigneurs de Merle. La vicomté contrôlait deux itinéraires majeurs : la route Paris-Toulouse et la voie d’eau de la Dordogne. Véritable État dans l’État, elle était dotée de nombreux privilèges. Elle ne payait aucun impôt au roi de France et ne lui devait aucun soldat.

Au cours du 14e siècle, la Corrèze, comme le reste de la France, est frappée par la famine, l’épidémie de peste et la guerre de Cent Ans. Les campagnes sont fortement touchées par les crises. De nombreux hameaux sont désertés et la forêt regagne du terrain.

Dans la seconde moitié du 16e siècle, les guerres de Religion menacent la paix du royaume et entraînent des soulèvements et des conflits à caractère religieux et politique.

À partir du 17e siècle, l’essor commercial, notamment le commerce fluvial sur la Dordogne, favorise le développement de la bourgeoisie.

La Vallée de la Dordogne Corrézienne est restée longtemps profondément rurale et tournée vers l’agriculture. Jusqu’à l’extension récente de l’élevage bovin, le territoire était marqué par une polyculture d’autosuffisance. L’activité agricole a connu peu de progrès avant la seconde moitié du 19e siècle. À la fin du 19e-début du 20e siècle, l’arrivée du chemin de fer (lignes Tulle-Beaulieu, Tulle-Argentat, ligne de tramway ligne Aubazine-Beaulieu) désenclave la région. Le transport de chaux et d’engrais azotés, entre autres, a permis d’améliorer les rendements de céréales et de cultiver des prairies artificielles pour développer un élevage bovin commercialisable.

L’arrivée du chemin de fer, puis la construction des barrages portent un coup d’arrêt au transport fluvial sur la Dordogne. Cet axe de communication important, reliant l’Auvergne à l’Aquitaine, et l’activité batelière sont progressivement abandonnés dans les premières décennies du 20e siècle au profit du transport ferroviaire, puis routier.

Au milieu du 20e siècle, la construction de plusieurs barrages et centrales hydroélectriques sur la Dordogne, la Maronne et la Cère transforme profondément les paysages des gorges et le fonctionnement de ces vallées. Plusieurs hameaux et édifices, comme l’abbaye de la Valette, ont été engloutis par la mise en eau des barrages.

Au cours du 20e siècle, le territoire connaît un exode rural important. La population quitte la campagne au profit des villes pourvoyeuses d’emplois. Les bourgs et les hameaux se vident et de nombreuses exploitations sont abandonnées, ce qui a engendré un reboisement des terres délaissées.

Politique patrimoniale, label, procédures et outils

Le Pôle d’Équilibre Territorial et Rural (PETR) Vallée de la Dordogne Corrézienne est un territoire de contractualisation créé le 1er janvier 2017, suite à la loi de modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles (loi MAPTAM) promulguée en 2014. Le PETR est un syndicat mixte fermé qui regroupe les communautés de communes Midi Corrézien et Xaintrie Val’Dordogne, nées en 2017, soit 64 communes. Il est issu de l’ancien Pays Vallée de la Dordogne Corrézienne qui regroupait le Syndicat Intercommunautaire de Développement du Pays de Beaulieu, Beynat et Meyssac (SIDBBM), d’une part, et l’Association pour le Développement et l’Animation de la Xaintrie et du pays d’Argentat (ADAXA), d’autre part. En 2017, la transformation du Pays Vallée de la Dordogne Corrézienne en un PETR permet de moderniser cet outil et de s’adapter au nouveau contexte institutionnel en lien avec les nouvelles intercommunalités. Le PETR a pour objet de faciliter la collaboration et la conduite de projets communs entre les deux EPCI membres. Il vise à mutualiser les actions en faveur de l’attractivité et de la valorisation de la Vallée de la Dordogne Corrézienne sur des thématiques variées : le patrimoine, l’agriculture et l’alimentation, la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences territoriales (GPECT), et la promotion du tourisme, en partenariat avec l’Office de tourisme Vallée de la Dordogne. Le PETR porte également la mise en œuvre du programme LEADER du territoire.

Le PETR Vallée de la Dordogne corrézienne est donc l’héritier de structures successives qui depuis la fin des années 90 portent le souhait de préserver et valoriser le patrimoine du territoire. Ainsi, dans la continuité de plusieurs actions menées en faveur de la connaissance et de la valorisation du patrimoine, le PETR Vallée de Dordogne Corrézienne s’est engagé dans une démarche de candidature au label Pays d’Art et d’Histoire. Il a officiellement formalisé cette candidature dans une délibération en date de mai 2024, pour une période de trois ans. Il s’agit pour le territoire d’élaborer et de faire vivre un projet patrimonial et culturel global.

Outils de protection ou de gestion du patrimoine

Outils de protection au titre du code du patrimoine (MH et périmètre des abords, SPR)

Plus de 300 édifices et objets mobiliers sont protégés au titre des Monuments Historiques sur le territoire. Très diversifiés, ils sont rattachés à de multiples périodes (allant du Néolithique jusqu’au XXème siècle) et concernent divers styles architecturaux et usages : églises et immeubles particuliers (y compris les maisons nobles) pour les bâtiments, sculptures et menuiseries pour les objets mobiliers (les stalles et retables étant particulièrement présents dans les édifices religieux).

Le territoire compte deux SPR :

– celui de Ligneyrac, dont l’AVAP a été adoptée le 21/06/2013. Les trois axes généraux définis dans le document ont pour objet de maintenir, préserver et valoriser les caractères identitaires architecturaux et paysagers des ensembles bâtis anciens ; maintenir, préserver et reconduire les motifs identitaires de la structure paysagère ; promouvoir et consolider l’insertion et la qualité des constructions récentes et futures. 

– celui de Beaulieu-sur Dordogne, dont l’aire de valorisation de l’architecture et du patrimoine (AVAP) a été adoptée le 21/01/2014. Elle concerne à la fois la zone du centre-bourg, les hameaux du Battut et de Sioniac, les secteurs récents d’extension du bourg, et la zone rurale de la commune, pour lesquelles des objectifs généraux paysagers et architecturaux ont été listés : ceux-ci visent notamment à la préservation des structures urbaines, le maintien du caractère naturel des espaces environnants, et la mise en valeur du patrimoine bâti existant.

Outils de protection au titre du code de l’environnement

Le territoire possède quatre zones Natura 2000 : la vallée de la Dordogne, la vallée de la Cère, les landes serpentinicoles du sud corrézien (directive « habitats » dans les 3 cas), et les gorges de la Dordogne (directive « oiseaux »).

Il bénéficie également de 8 sites classés, telles que les cascades de Murel à Albussac, et 18 sites inscrits, comme le Puy de Pauliac sur la commune d’Aubazine.

Le PETR comprend 12 zones naturelles d’intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) de type I (« espaces homogènes écologiquement, définis par la présence d’espèces, d’associations d’espèces ou d’habitats rares, remarquables ou caractéristiques du patrimoine naturel régional ») et 5 ZNIEFF de type II (« espaces qui intègrent des ensembles naturels fonctionnels et paysagers, possédant une cohésion élevée et plus riches que les milieux alentours »).

Le bassin de la rivière Dordogne est classé Réserve mondiale de biosphère par l’UNESCO depuis 2012. Avec ses 23 870 km² de surface, il s’agit de la plus vaste réserve de biosphère labellisée de toute la France. Une partie de la zone centrale (lit de la rivière) et la zone tampon traversent le PETR. La zone de transition, quant à elle, recouvre l’entièreté du territoire. La rivière Dordogne bénéficie également dans son entièreté d’un arrêté de protection de biotope depuis 1991.

Le territoire comprend un Espace Naturel Sensible (ENS) : la réserve départementale de biodiversité des Gravières, un ancien site d’extraction de sables et graviers à Argentat-sur-Dordogne, en activité de 1942 à 2013. Réaménagé, revégétalisé, puis réouvert au public en 2020, c’est aujourd’hui un site d’observation ornithologique, abritant des espèces d’oiseaux emblématiques (hirondelle de rivage, petit Gravelot entre autres).

Le site des Gorges de la Maronne et Tours de Merle, labelisé Réserve Naturelle Régionale (RNR) depuis le 16 juin 2025, est situé dans le département de la Corrèze. Il s’étend sur trois communes : Saint-Geniez ô-Merle, Saint-Cirgues-la-Loutre et Saint-Bonnet-les-Tours-de-Merle. La surface totale s’élève à 205,9 hectares. Il est très majoritairement constitué de boisements de feuillus installés sur les versants escarpés de la rivière la Maronne. Une des originalités de cette Réserve Naturelle est d’inclure dans son périmètre les Tours de Merle (site classé au titre des monuments historiques) dont les ruines médiévales trônent sur un étroit éperon rocheux et abritent d’importantes colonies de chauves-souris.

Projets urbains

Les deux communautés de communes qui constituent le territoire du PETR Vallée de la Dordogne corrézienne pilotent l’élaboration et la validation d’un PLUi.

Programmes d’actions liés au cadre de vie et au développement durable 

Chaque communauté de communes dispose d’un Contrat de Relance et de Transition Ecologique (CRTE). Sur Midi Corrézien, la transition écologique passe notamment par la promotion des mobilités douces, la rénovation énergétique des bâtiments publics, la protection des espaces naturels ainsi que le confortement de l’habitat durable. Sur Xaintrie Val’Dordogne, le CRTE met en avant la volonté intercommunale de répondre aux problématiques liées à l’utilisation des ressources, aux énergies et à l’adaptation aux changements climatiques. Face à ces enjeux les principaux domaines d’action sont l’agriculture (occupant 40 % la surface de la Xaintrie), les ressources en eau, la rénovation du bâti, les mobilités alternatives et la biodiversité.

Outils opérationnels :

Concernant la requalification des espaces urbains et les projets de revitalisation des centres-bourgs, plusieurs dispositifs sont portés et déployés sur les deux communautés de communes membres du PETR.

Sur Xaintrie Val’Dordogne, des opérations de revitalisation de territoire (ORT) sont effectives depuis 2021 sur les communes d’Argentat-sur-Dordogne et Saint-Privat, les deux villes les plus importantes de l’intercommunalité. Le plan d’actions mené sur chacune d’elles cible des problématiques liées au bâti, au logement, à la végétalisation ou encore aux activités artisanales et commerciales.

Les cœurs de ville de ces deux centralités bénéficient également d’une OPAH-RU (opération programmée d’amélioration de l’habitat et de renouvellement urbain), répondant à divers enjeux notamment d’ordre économique, foncier, urbain, social, énergétique… et patrimonial. Pour les porteurs de projets accompagnés dans le cadre de ce dispositif, cela se traduit donc par un « coaching architectural » en complément du soutien financier.

La commune d’Argentat-sur-Dordogne a également souhaité s’engager dans le programme Petites Villes de Demain depuis 2021, afin de conduire sa démarche de transformation à moyen et long terme pour le renforcement de ses fonctions de centralité au bénéfice de la qualité de vie de ses habitants et des territoires alentours, dans une trajectoire dynamique et engagée dans la transition écologique.

Sur Midi Corrézien, la revitalisation des centres-bourgs, la réhabilitation des logements vétustes et la redynamisation des locaux commerciaux sont également à l’œuvre via une OPAH ainsi que le dispositif « Petites Villes de Demain », qui concerne plus précisément les communes de Meyssac, Beaulieu-sur-Dordogne et Beynat (les trois centralités les plus importantes de l’intercommunalité).

Dans le cadre de ce programme PVD, des travaux ambitieux sont prévus au niveau d’ilots urbains localisés et définis (comme à Beaulieu) pour permettre la réaffectation de bâtiments (souvent à fort intérêt historique et patrimonial) et l’accueil de nouvelles activités en centre-ville : hébergement, services, activités de loisirs notamment.

Indépendamment de ces programmes généraux et transverses, des travaux plus précis d’amélioration de centres-bourgs à fort caractère patrimonial et paysager sont aussi menés afin de garantir entre autres une bonne fréquentation touristique sur ces sites en saison, et de conserver plus généralement leur aspect emblématique et attrayant : par exemple, des opérations engagées dans les bourgs de Meyssac et Curemonte rendent bien compte de la volonté de préservation du cadre architectural et historique, tout en l’associant à des enjeux économiques et écologiques plus contemporains (accessibilité, dynamisme commercial et touristique, cheminements piétonniers et mobilités douces, végétalisation et promotion de la biodiversité en ville, etc.).

Volet environnemental, d’efficience énergétique

La candidature au label Pays d’Art et d’Histoire s’accompagne d’une opération d’Inventaire du patrimoine culturel à l’échelle du territoire. Le PETR s’est associé au service Patrimoine et Inventaire de la Région Nouvelle-Aquitaine pour la conduite d’un inventaire thématique dans le cadre d’une convention triennale de partenariat (2024-2027). Cet inventaire thématique vise à étudier les liens entre le patrimoine bâti de la production agricole et les paysages. Cette étude montre la volonté du territoire candidat d’approfondir la connaissance sur son patrimoine et de le valoriser. Les données produites pourront enrichir le contenu du dossier de candidature au label PAH. Elles permettront également d’alimenter la réflexion autour des perspectives de sensibilisation et de valorisation du patrimoine.