L’histoire de Chirongui
Créée le 18 mai 1977 par le décret 77-509 portant organisation administrative de la collectivité territoriale de Mayotte complété par un additif, la commune de Chirongui s’étend tout en longueur au sud de l’île de Mayotte sur 28,76 kilomètres carrés pour plus de 9 000 habitants et est composée de sept villages : le chef-lieu Chirongui, Malamani, Mirereni (Mirereni Be et Mirereni Keli), Mramadoudou, Poroani et Tsimkoura. Sa partie nord s’adossent aux pentes ouest et sud du mont Benara, l’Ouest et le Sud sont ouverts sur la baie de Bouéni et ses parties est et sud s’appuient sur les contreforts de la forêt départementale des monts Choungui.
A dominante rurale et côtière, la commune de Chirongui est composée de six villages distincts d’implantation littorale ou proche du littoral. Le bassin de vie formé par les villages de Poroani, Tsimkoura et Chirongui (les trois villages les plus importants du territoire) marque les principaux pôles d’activités de la commune. Les activités, les équipements et les infrastructures routières s’y regroupent. Les villages de Miréréni et de Malamani se placent en partie centrale du territoire communal.
La configuration géographique, topographique et géologique a conduit à une concentration du développement sur le littoral ou très proche de celui-ci.
Les villages sont implantés du Nord vers le Sud en suivant le contour de la baie de Bouéni, sur des zones basses en bord de mer le long du CCD 5 et de la RN 3.
La commune de Chirongui possède la plus grande mangrove de l’île avec ses 200 hectares. Cette mangrove exceptionnelle bénéficie, de par son intervention foncière, d’une protection assurée par le Conservatoire du littoral, garantissant sa préservation de toute urbanisation. Le Conservatoire du littoral constitue un partenaire majeur pour la commune dans la gestion de la mangrove.
Politique patrimoniale, label, procédures et outils
Le projet de candidature VAH s’est appuyé sur la démarche de diagnostic territorial et de structuration des services culturels de la commune, mise en œuvre dans le cadre de l’élaboration du Contrat territoire lecture et de la Convention cadre de développement culturel entre la Direction des Affaires Culturelles (DAC Mayotte) et la commune. Elle constitue une démarche inédite à Mayotte et c’est la raison pour laquelle le périmètre identifié se limite aux villages qui constituent la commune. La mise en place d’un réseau d’acteurs solides permettra de mettre en œuvre, dans un second temps, des partenariats avec les communes qui constituent l’intercommunalité de communes du sud, créée seulement en 2016.
Depuis 2014, la commune de Chirongui a déployé un grand nombre d’actions en faveur de la culture sur la thématique du livre et de la lecture, du patrimoine, des arts, des langues et des traditions.
Parmi les objectifs opérationnels de la convention cadre de développement culturel entre la Direction des Affaires Culturelles de Mayotte et la commune de Chirongui il y a :
- Elaborer un dossier de candidature pour l’obtention du label « Ville et pays d’art et d’histoire » (VPAH)
- Recruter et former des agents de la collectivité affectés au développement des projets culturels, en particulier le Centre culturel de Chirongui et l’élaboration du dossier VPAH
Outils de protection ou de gestion du patrimoine
La ville de Chirongui possède un PLU approuvé en février 2011.
Le PLU succède au SAC (Schéma d’Aménagement Communal).
Premier véritable outil de planification urbaine, il a permis de définir les enjeux d’un développement équilibré du territoire :
- Favoriser les actions visant à fixer et à attirer la population
- Développer une mixité des activités économiques et créer une véritable dynamique économique sur la commune
- Préserver la qualité du cadre de vie
- Trouver un équilibre entre l’activité agricole et l’urbanisation
Un PLUih (Plan Local d’Urbanisme Intercommunal et de l’Habitat) est actuellement en cours d’élaboration au niveau de la Communauté de Communes du Sud. Afin de pouvoir amender ce document de planification au niveau communal, la ville de Chirongui est actuellement en train d’élaborer son Schéma directeur des Eaux Pluviales.
La ville fait l’objet d’une OIN (Opération d’Intérêt National) – Secteur 3 : Chirongui-Bouéni.
La commune de Chirongui possède la plus grande mangrove de l’île avec ses 200 hectares. Cette mangrove exceptionnelle bénéficie, de par son intervention foncière, d’une protection assurée par le Conservatoire du littoral, garantissant sa préservation de toute urbanisation. Le Conservatoire du littoral constitue un partenaire majeur pour la commune dans la gestion de la mangrove.
Projets urbains
Eco-musée de la mangrove (en cours)
Ce projet consiste à créer un sentier d’interprétation sur l’ensemble du parcours de Tsimkoura à Poroani.
La maison de l’artisanat de Malamani (en cours de réalisation) : (Patrimoine culturel immaté- riel/artisanat)
La Maison de l’artisanat et de la famille est un équipement où les savoir-faire ancestraux, qui commencent à disparaître, seront mis en valeur et transmis aux générations futures, comme la
confection de produits artisanaux : tissage, vannerie, broderies, couture…
Le Pôle Culturel Moussa Tchangalana
Le Pôle Culturel de Chirongui a été pensé dans un objectif de structuration d’une offre culturelle innovante, afin de pouvoir offrir à la population des propositions artistiques : diffusion spectacle vivant, diffusion cinéma, expositions…
Véritable outil culturel de territoire, le Pôle est devenu un lieu de culture et de partage, un lieu de diffusion, de transmission, de création et de convivialité.
Programme d’action spécifique pour le bâti ancien et le développement durable
L’ancien village d’Antana Be, la mosquée et sa citerne (inscrit MH par arrêté préfectoral du 21/10/2019) :
Au milieu du XIXe siècle, la mangrove au sud de Poroani a vu fleurir un village tout en cases, Antana Be. Plusieurs familles y ont résidé avant que des opérations de décasement n’entraînent progressivement sa disparition au milieu des années 1980. L’intérêt du site aujourd’hui tient à la présence de la mosquée et de traces et ruines de maisons de l’époque. En avril 2019, avec l’appui de la DAC Mayotte, le CRPA (Conseil Régional du Patrimoine et de l’Architecture) a validé l’inscription du site d’Antana Be au titre des Monuments Historiques.
L’ancienne usine sucrière de Miréréni, la cheminée, les vestiges de la maison de maître et l’ensemble des machines (inscrite MH par arrêté préfectoral du 26 mai 2021) :
Le domaine sucrier de Miréréni Be, créé au cours des années 1870, est une exploitation sucrière modeste dans laquelle la production a duré moins de vingt-cinq ans. L’intérêt du site tient aujourd’hui à la présence, très rare dans l’île, d’un ensemble complet de machines et installations utilisées dans le processus de fabrication du sucre. Le site est également en cours d’inscription au titre des Monuments Historiques après la validation du CRPA en avril 2019.
Valorisation et animation de l’architecture et du patrimoine
Les Journées Européennes du Patrimoine (JEP) :
Depuis 2017, la commune participe activement aux Journées Européennes du Patrimoine, mettant en valeur plusieurs sites patrimoniaux remarquables tels que les hauteurs de Chirongui, la mosquée Antana Bé de Poroani, les vestiges de l’usine sucrière de Miréréni, ainsi que la mangrove de Chirongui.
Les ateliers « C’est Mon Patrimoine » :
Depuis 2018, le service patrimoine propose aux jeunes de la commune des ateliers de découverte portant sur différents aspects de leur patrimoine — qu’il soit bâti, naturel ou encore culturel et immatériel.
Les Journées Nationales de l’Architecture :
Ces journées offrent à la commune l’occasion de sensibiliser la population aux multiples dimensions du patrimoine architectural.
Les Journées Nationales de l’Archéologie :
Grâce aux campagnes de prospection archéologique menées par la commune en collaboration avec la Direction des Affaires Culturelles de Mayotte, l’édition de cette année sera l’occasion de présenter au public les recherches entreprises depuis 2024, tout en renforçant la sensibilisation à l’importance du patrimoine archéologique local.
Les ateliers d’Éducation Artistique et Culturelle (EAC) autour du patrimoine :
Depuis 2023, la chargée du patrimoine organise des interventions en milieu scolaire, visant à sensibiliser les élèves à la richesse patrimoniale de la commune à travers des ateliers de découverte.
Les visites guidées :
Chaque année, des visites guidées sont proposées afin de permettre à la population de découvrir ou de redécouvrir le patrimoine local.