UN LABEL, UNE HISTOIRE

DATES CLES

1962 – Loi Malraux : création des secteurs sauvegardés

1965Création de l’appellation « Villes d’art » par la Caisse nationale des Monuments historiques et des Sites (aujourd’hui Centre des monuments nationaux-CMN)

1983 – La loi de décentralisation crée les zones de protection du patrimoine architectural et urbain (ZPPAU)

1985 – Création du label Villes et Pays d’art et d’histoire par la Caisse nationale des Monuments historiques et des Sites

1995 – Création du Conseil national des Villes et Pays d’art et d’histoire. Le service des Villes et Pays d’art et d’histoire rejoint le ministère de la Culture et de la Communication. Les Directions régionales des affaires culturelles sont mobilisées sur la mise en œuvre du label.

2015 – Le label fête ses 30 ans !

2016Adoption de la Loi relative à la liberté de Création, à l’architecture et au patrimoine // 186 villes et territoires sont labellisés

 

1965-2016 : D’un siècle à l’autre

En 1965, la Caisse nationale des Monuments historiques et des Sites (CNMHS) propose aux villes l’appellation « Ville d’art » préfiguration du label Villes et Pays d’art et d’histoire, permettant une aide financière et un accompagnement de l’État pour la qualité des visites proposées aux touristes et aux habitants.

Signées par 80 villes, ces conventions « Ville d’art » ont été souvent mises en place parallèlement à la création des secteurs sauvegardés. L’enjeu de valorisation dépasse dès lors la sphère du monument pour s’étendre aux quartiers anciens, la notion de tourisme culturel y est affirmée. Chaque ville s’engageait à former et recruter avec l’aide de l’État, des guides conférenciers agréés par la CNMHS, garantissant la qualité des visites et leur renouvellement.

Vingt ans plus tard, en 1985, la CNMHS crée le label Villes et Pays d’art et d’histoire en complément des lois de décentralisation définissant les zones de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager (ZPPAUP). Fougères est la première ville labellisée en 1985, le Montmorillonnais est en 1987 le premier pays d’art et d’histoire.

Aujourd’hui, le label est attribué par le ministère de la Culture et de la Communication. La signature d’une convention entre les collectivités et l’État confirme l’ambition du projet culturel. Pour les animer, les collectivités s’engagent à recruter un animateur de l’architecture et du patrimoine, à avoir recours à des guides-conférenciers et, depuis 2008, à concevoir une stratégie d’interprétation de l’architecture et du patrimoine.

En 2016, le label est porté par 186 territoires et continue de se développer, aussi bien en métropole qu’en Outre-mer.

Conjuguer le label

Appuyé sur une connaissance approfondie des patrimoines d’un territoire, le label Villes et Pays d’art et d’histoire développe une démarche d’aménagement culturel du territoire.

Principaux objectifs :

  • L’étude du territoire par la réalisation de travaux de recherches qui contribuent à mieux éclairer les connaissances propres à son histoire et complètent les documents d’urbanisme.
  • La mise en valeur des patrimoines bâtis, anciens et contemporains, urbains et ruraux, des centres et des périphéries, des paysages, des savoir-faire et des patrimoines immatériels.
  • La sensibilisation aussi bien des touristes que de toutes les générations d’habitants dont le jeune public – en et hors temps scolaire. Ils bénéficient d’actions spécifiques mises en œuvre en collaboration avec les enseignants, afin de devenir acteurs de leur cadre de vie.
  • Le dialogue avec les habitants, consistant à élaborer et diffuser des publications sur la spécificité du patrimoine local et à mettre à disposition des outils de compréhension et de médiation : centres d’interprétation, signalétique patrimoniale, outils numériques. De là, doit s’instituer un débat sur la ville, le territoire et ses orientations.

Le label Villes et Pays d’art et d’histoire a su s’imposer comme un outil de référence en offrant la possibilité de mettre en œuvre des politiques patrimoniales cohérentes, concertées et de qualité.

L’accroissement permanent des champs du patrimoine a eu pour conséquence l’élargissement des compétences, façonnant une approche décloisonnée du patrimoine et des actions transversales appuyées sur la concertation de tous les acteurs.

Porté soit par une ville, soit par un territoire défini par une identité historique, un espace géographique ou des limites administratives, le label s’est largement ouvert à l’évolution urbaine des territoires et à l’histoire récente.

Mieux que les richesses du patrimoine, le label consacre les volontés locales de mettre en lumière le patrimoine bâti, paysager, rural, industriel, maritime, immatériel ou l’architecture contemporaine.

Quel parcours pour obtenir le label Ville ou Pays d’art et d’histoire ?

Chaque Ville ou Pays d’art et d’histoire représente un projet original de valorisation des patrimoines. Beaucoup de territoires souhaitent obtenir le label mais la procédure peut être longue et s’appuie sur un engagement fort des collectivités territoriales. Le montage du dossier se constitue autour d’un véritable projet d’aménagement culturel des territoires. Quelle qu’en soit l’issue, la démarche et le projet sont essentiels.

En amont du dossier qui doit être élaborer avec le ministère de la Culture et de la Communication et ses services déconcentrés, les Directions régionales des affaires culturelles, il est nécessaire de s’assurer :

  • Que le label correspond bien aux besoins du territoire,
  • Que la ou les collectivités ont les capacités financières de porter le label, notamment celle de recruter, suite à la signature de la convention, l’animateur de l’architecture et du patrimoine,
  • Que le projet puisse être réfléchi à l’échelon intercommunal afin qu’il soit en cohérence avec les différentes initiatives territoriales et ce, dans la perspective, ou non, d’un Pays d’art et d’histoire.

En ce qui concerne la candidature, les principales étapes sont :

L’établissement d’un pré-dossier permettant à l’État d’apprécier la pertinence et la faisabilité de la candidature. Ce pré-dossier comprendra essentiellement le périmètre, les principaux atouts de la ville ou du territoire, les principaux acteurs des politiques de valorisation et de mise en valeur des patrimoines, les équipements culturels pouvant jouer un rôle dans la mise en place des actions.

– Une fois la possibilité de la candidature confirmée, débute la préparation du dossier de candidature qui sera instruit par la DRAC concernée. Pour le montage et la réalisation du dossier, les collectivités candidates restent libres de faire appel à un cabinet d’étude ou à un rédacteur extérieur aux services.

La présentation du dossier s’effectue auprès du Conseil national des Villes et Pays d’art et d’histoire. Il est composé de 4 membres de droit et 12 membres nommés par arrêté. (3 représentants de l’Etat, 4 experts et 5 élus dont le Président de Sites et Cités). Il se réunit 3 à 4 fois par an.

L’État s’engage à soutenir la collectivité territoriale et participe à la rémunération l’animateur de l’architecture et du patrimoine pour un temps limité, les actions définies étant abondées financièrement par les services de la DRAC sur une première durée de cinq ans.

La convention signée entre l’État et la collectivité territoriale est renouvelable tous les dix ans. Durant cette période, des commissions de coordination doivent se tenir régulièrement, rassemblant partenaires locaux, régionaux et nationaux.

Sites et Cités accompagne régulièrement des candidatures à la demande des élus et les services ou met en relation les collectivités candidates avec d’autres collectivités labellisées. L’association accompagne de manière permanente l’évolution du label et son adéquation aux besoins des villes et des territoires.