Du 22 au 30 novembre 2025, l’équipe de Sites & Cités, accompagnée des collectivités engagées dans le projet – Elbeuf-sur-Seine, Aix-en-Provence, la Communauté de communes du Haut-Béarn et Saint-Flour Communauté – s’est rendue en Équateur dans le cadre de la première mission technique du projet « Clé en main », soutenu par le Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et intitulé « Mettre en lien les patrimoines : protection du patrimoine culturel par un nouveau modèle de tourisme durable ».
Ce projet vise à renforcer les politiques publiques locales en faveur d’un tourisme patrimonial respectueux des territoires, de leurs patrimoines et de leurs habitants.
Une mission de terrain au cœur des réalités locales
Ce voyage d’étude avait pour objectif de permettre à la délégation française de découvrir sur le terrain les réalités patrimoniales et touristiques des municipalités équatoriennes partenaires. À travers des visites techniques, des échanges approfondis avec les équipes locales et des temps de restitution collective, la mission visait à mieux comprendre les contextes territoriaux, à identifier les besoins et les défis communs, et à définir conjointement les orientations de travail, en amont de l’accueil des délégations équatoriennes en France.
Quatre villes à forte valeur patrimoniale ont accueilli la délégation : Alausí, Riobamba, San Gabriel et Baeza. Situés entre la cordillère des Andes et l’Amazonie, ces territoires illustrent la grande diversité des patrimoines équatoriens : centres historiques, paysages naturels exceptionnels, héritages ferroviaires, traditions vivantes et cultures autochtones.
Compte tenu des distances importantes entre les villes, la délégation a été scindée en deux groupes, chacun accompagné par deux représentants de Sites & Cités remarquables de France (voir ci-dessous).

Alausí : dépasser le « tout-train » pour construire une identité territoriale globale
Ville emblématique du patrimoine ferroviaire équatorien, Alausí est notamment connue pour le célèbre train du Nez du Diable, véritable moteur touristique du territoire. Si sa récente réactivation a permis une reprise spectaculaire de la fréquentation, les échanges ont rapidement mis en évidence la nécessité de diversifier l’offre touristique, afin de favoriser des séjours plus longs et une meilleure répartition des retombées économiques.
Les discussions ont porté sur la structuration d’une marque territoriale intégrant le centre historique, les paysages de montagne, les itinéraires patrimoniaux tels que le Qhapaq Ñan, ainsi que les communautés autochtones. Nous avons également pu souligner l’importance de renforcer les outils de gestion et de restauration du bâti ancien pour préserver durablement l’identité urbaine de la ville.





Riobamba : patrimoine, participation citoyenne et tourisme de nature
Capitale de la province de Chimborazo, Riobamba se distingue par son rôle historique dans la construction de la République équatorienne et par un environnement naturel exceptionnel dominé par le volcan Chimborazo, situé à plus de 6 000 mètres d’altitude.
Cette rencontre a permis d’analyser les dynamiques en cours à Riobamba autour du tourisme patrimonial, du tourisme de nature et des manifestations culturelles, tout en identifiant plusieurs enjeux clés : faible durée de séjour, lisibilité de l’offre touristique, signalétique, sécurité et coordination entre les différents acteurs du tourisme.
Les échanges ont mis en évidence l’importance de la sensibilisation des habitants et de l’éducation au patrimoine comme leviers essentiels d’une valorisation durable, ainsi que le potentiel des outils numériques pour améliorer l’accessibilité de l’information patrimoniale et touristique, et l’enjeu de mieux relier l’ensemble des offres existantes sur le territoire.






San Gabriel : structurer une stratégie patrimoniale émergente
À San Gabriel, la délégation a découvert un territoire où le patrimoine architectural en terre et en pierre, le patrimoine naturel (notamment le Bosque de las Arrayanes) et les traditions immatérielles constituent des ressources encore peu valorisées sur le plan touristique.
Les échanges ont porté sur les outils réglementaires existants, les inventaires patrimoniaux, les mécanismes de financement et la nécessité de renforcer l’engagement de la population locale. La rencontre a également souligné l’intérêt d’un accompagnement méthodologique pour structurer une stratégie touristique cohérente, articulée avec les politiques patrimoniales et les initiatives émergentes d’agro-tourisme.



Baeza : patrimoine, nature et biodiversité
Située aux portes de l’Amazonie, Baeza bénéficie d’un patrimoine architectural unique en bois et d’un environnement naturel exceptionnel, au cœur de trois parcs nationaux. La mission a souligné le fort potentiel du tourisme de nature et sportif, notamment autour du rafting et de l’observation des oiseaux, qui sont des activités déjà présentes sur le territoire.
Les discussions ont porté sur la mise en œuvre opérationnelle des outils de planification existants, la signalétique patrimoniale, la reconnaissance des itinéraires culturels et la place centrale des habitants dans la transmission et la valorisation du patrimoine.

Des rencontres institutionnelles
Le 28 novembre, la délégation française a également été reçue à la Résidence de France à Quito par l’Ambassadeur. À cette occasion, la délégation a pu se présenter, partager l’état d’avancement du projet et échanger autour des enjeux du pays ainsi que des missions de l’Ambassade.

Par ailleurs, des rencontres ont eu lieu avec les interlocuteurs du ministère du Tourisme en Équateur, partenaires clés du projet, avec lesquels la coopération se poursuivra jusqu’en 2027.
Une coopération fondée sur l’échange et la co-construction
Ce premier voyage d’étude a permis de poser un diagnostic partagé des forces, des fragilités et des ambitions des territoires partenaires. Il a surtout ouvert un espace de dialogue technique et politique fondé sur la réciprocité des échanges entre collectivités françaises et équatoriennes.
Les enseignements issus de cette mission nourriront les prochaines étapes du projet : cycles de webinaires, accueil des délégations équatoriennes en France et élaboration d’outils communs en faveur d’un tourisme patrimonial durable, au service des territoires et de leurs habitants.



