Le projet d’aménagement de la place du Patis et de ses abords : Châtillon-Coligny

05 Mar 2026

Retour sur le Concours national des Entrées de Ville : mention spéciale du jury pour les villes de moins de 30 000 habitants

Un carrefour stratégique au cœur du Gâtinais

Située dans le Loiret, sur l’axe historique Montargis-Briare, la commune de Châtillon-Coligny occupe une position privilégiée à la confluence du Canal de Briare et du Loing. Cette situation géographique en fait une étape de la Scandibérique (EuroVelo 3), reliant par ses chemins de halage l’Europe du Nord à la péninsule Ibérique.

La place du Pâtis constitue le trait d’union entre le domaine fluvial, le bras du Loing et le centre historique. Située à proximité immédiate du Musée municipal installé dans l’Hôtel-Dieu, elle agit comme une interface paysagère majeure, connectant les flux de l’itinérance douce au cœur commerçant de la cité.

Plan projet ©CAMBIUM17 ©VilledeChâtillon-Coligny

L’enjeu du projet : de l’espace contraint à la vitrine territoriale

Initialement saturée par un stationnement désordonné et marquée par la présence d’un ancien garage obsolète, la place souffrait d’une imperméabilisation totale des sols. Le projet de requalification, déployé sur près d’un hectare, transforme ce « no man’s land » en une entrée de ville lisible et accueillante.

Le renouveau urbain s’attache à créer une nouvelle porte de ville en favorisant les échanges entre la Scandibérique et le centre-bourg. L’espace public est apaisé par une hiérarchisation fine et modulable du stationnement, qui préserve la capacité d’accueil nécessaire aux événements locaux (marchés, fêtes) tout en redonnant la priorité aux piétons.

Cet aménagement porte un engagement environnemental fort. En désimperméabilisant massivement les sols, le projet restaure le cycle naturel de l’eau et permet l’infiltration des pluies décennales. La biodiversité est encouragée par le déploiement d’ouvrages multi-usages, tels que des jardins de pluie, qui allient la gestion technique des eaux à un enrichissement écologique et un agrément paysager.

Perspective du centre historique (Tour de l’enfer) avant et après travaux @VilledeChâtillon-Coligny

Un aménagement entre mémoire de l’eau et usages urbains

Le projet s’articule autour de deux entités paysagères complémentaires :

  • À l’Est : une nature maîtrisée au service de la vie locale

En bordure de boulevard, la place est marquée par une nature domestiquée. Bordée de tilleuls taillés dans le prolongement du mail existant, elle devient le support de toutes les manifestations locales  (vide-greniers, fêtes foraines). Le dispositif végétal a été spécifiquement conçu pour intégrer le manège principal au centre de la place, tandis que le manège pour enfants profite d’un espace en gazon renforcé devant la halle en cours de restauration.

Une grille qualitative reconstitue la limite entre le jardin du musée et le mail, permettant de sécuriser les groupes d’enfants ou d’accueillir des programmes culturels (roseraie, sculptures) en lien avec le musée et l’office de tourisme. Entre le jardin et la promenade, un jardin de pluie joue le rôle de trait d’union fleuri entre le canal et la place Becquerel.

  • À l’Est : une nature maîtrisée au service de la vie locale

Côté canal, le projet redonne vie au bras du Loing autrefois comblé le long de l’ancien hospice. Ce nouveau jardin de pluie, positionné exactement sur l’ancien tracé, remémore l’existence de l’eau et joue un rôle pédagogique essentiel sur la gestion des inondations et la perméabilité des sols. Au-delà de sa fonction symbolique, il constitue un dispositif technique capable d’infiltrer les eaux pluviales décennales du secteur.

Cette seconde entité trouve sa colonne vertébrale dans une large noue paysagère. La légère déclivité du terrain crée naturellement un milieu frais, propice au développement d’une végétation de fossés humides. Les entrées charretières, traitées sous forme de pontons maçonnés enjambant le jardin de pluie, accentuent l’effet de creux de l’ancien bras d’eau.

Une invitation au voyage patrimonial

L’appel visuel depuis le canal vers la « tour de l’Enfer » du centre historique a été particulièrement soigné. La démolition des anciens garages a permis de réaxer la voie de desserte sur cette tour, annonçant intuitivement le caractère patrimonial du village. Ce déport évite de frôler les façades moins qualitatives du sud, dont l’impact est désormais adouci par une strate arbustive basse et des arbres de haut jet. Une placette multi-usages côté canal vient parfaire cet aménagement, offrant un espace de repos et de contemplation à l’entrée de la cité.

Cette requalification transforme une entrée de ville autrefois contrainte en un espace de respiration qui exalte l’identité de Châtillon-Coligny. En réconciliant la mémoire de l’eau et les usages contemporains, le projet met en scène l’arrivée au centre-bourg comme une véritable invitation au voyage. Cette nouvelle vitrine paysagère unit résidents et touristes, faisant cohabiter les mobilités douces de la Scandibérique avec une présence régulée de la voiture. Par ses jardins de pluie et sa désimperméabilisation, elle offre une réponse écologique exemplaire qui unifie canal, boulevards et patrimoine dans une même cohérence urbaine.

Place du Pâtis avant et après travaux @VilledeChâtillon-Coligny


Maîtrise d’Ouvrage : mairie de Châtillon
Représentant de la Maîtrise d’Ouvrage : Florent de Wilde, Maire
Équipe de Maîtrise d’œuvre : CAMBIUM 17 (mandataire) + CERAMO + NOVA EDIFICE
Superficie : 9 500 m²
Coût des travaux : 1 529 792.00€ HT
Date : septembre 2021 (Choix de l’équipe de maitrise d’œuvre) à octobre 2024 (Réception + Inauguration)

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