Le label « Villes et Pays d’Art et d’Histoire » créé il y a 35 ans a joué un rôle extrê­me­ment posi­tif dans la pré­ser­va­tion et la mise en valeur du patri­moine, la sen­si­bi­li­sa­tion des habi­tants à leur cadre de vie, l’a­mé­na­ge­ment des espaces publics ain­si que le déve­lop­pe­ment d’une éco­no­mie tou­ris­tique « rai­son­nable ».  

« Je regrette – écrit Martin Malvy, pré­sident de l’association Sites & Cités remar­quables, réseau natio­nal des Villes et Pays d’art et d’histoire, qui compte plus de 260 villes et ter­ri­toires, soit quelques 1800 com­munes – la récente déci­sion de trans­fé­rer l’attribution du label « Villes et Pays d’art et d’histoire » aux Préfets de Région alors qu’il était depuis l’o­ri­gine du res­sort du Ministre de la Culture. Cette déci­sion – qui s’ac­com­pagne de la sup­pres­sion du double exa­men des dos­siers par le Ministère et les Directions régio­nales, ce qui va dans le bon sens – n’a pas d’autre objec­tif que le pur et simple affi­chage d’un élar­gis­se­ment de la décon­cen­tra­tion.

Ce label est un « mar­queur ». Il importe que les élus, les ani­ma­teurs du patri­moine, les visi­teurs soient assu­rés de l’homogénéité des pro­po­si­tions de chaque ter­ri­toire label­li­sé, du même sou­ci de la valo­ri­sa­tion du patri­moine et des espaces publics, de la sen­si­bi­li­sa­tion des publics et de la qua­li­fi­ca­tion des ser­vices. Ce qui était assu­ré par le Conseil natio­nal et l’ho­mo­lo­ga­tion par le Ministre et ne le sera plus à par­tir du moment où l’interprétation du label se fera sans com­pa­rai­son d’une Région à une autre, au sein de Directions régio­nales qui auront en moyenne moins de deux dos­siers à trai­ter par an, ce qui ne leur per­met­tra pas d’avoir une vision claire et du label et de sa dimen­sion natio­nale.

Le Ministre doit trou­ver la for­mule qui per­met­tra de main­te­nir cette uni­té sauf à com­pro­mettre l’a­ve­nir d’une poli­tique qui a fait ses preuves, dans le domaine du patri­moine et de son rôle dans l’aménagement cultu­rel du ter­ri­toire et dans celui de l’é­co­no­mie tou­ris­tique. Je le lui ai deman­dé dans une cor­res­pon­dance du 22 février et m’en suis ouvert auprès de lui au cours d’un échange télé­pho­nique ».