ALBANIE

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HISTORIQUE DE LA COOPERATION AVEC L’ALBANIE

Initiés depuis 2010, les tra­vaux avec l’Albanie consistent en la mise en place d’opérations pilotes trans­ver­sales concer­nant dif­fé­rentes pro­blé­ma­tiques patri­mo­niales :

  • L’inventaire du patri­moine
  • La sen­si­bi­li­sa­tion des publics au patri­moine et l’implication citoyenne
  • Les pro­jets urbains et la res­tau­ra­tion du patri­moine
  • La valo­ri­sa­tion du patri­moine et le tou­risme cultu­rel
  • La mise en place de démarches et d’espaces d’interprétation du patri­moine
  • Développement durable et bâti ancien

En par­te­na­riat avec le Ministère des affaires étran­gères et du déve­lop­pe­ment inter­na­tio­nal et le Ministère de la culture et de la com­mu­ni­ca­tion, l’Ambassade de France en Albanie, le Ministère alba­nais de la culture et ses ser­vices décon­cen­trés (Directorats régio­naux de la culture natio­nale), Sites & Cités remar­quables a déve­lop­pé deux opé­ra­tions pilotes avec deux villes alba­naises.

La créa­tion d’un réseau de villes his­to­riques au pre­mier semestre 2017 per­met­tra d’étendre l’expérience à d’autres villes (Gjirokastra, Korça, Shkodra, Vlore…), en dif­fu­sant les expé­riences pilotes à tra­vers les prin­ci­pales villes patri­mo­niales du pays.

BERATHISTOIRE

Ville située au centre-sud de l’Albanie, Berat est la capi­tale de la Région de même nom. En 2008, la ville a été ins­crite au patri­moine mon­dial de l’Unesco, avec Gjirokaster. A l’occasion des réformes admi­nis­tra­tives, la ville a fusion­né avec d’autres muni­ci­pa­li­tés envi­ron­nantes, pas­sant d’une popu­la­tion de 32 000 à 60 000 habi­tants.

La vieille ville est concen­trée en trois points, la Citadelle (au som­met de la col­line), le quar­tier Mangalem (sur la rive droite de la rivière Osum) et le quar­tier Gorica (sur la rive gauche de la rivière Osum).

Située dans le centre de l’Albanie, Berat porte le témoi­gnage de la coexis­tence de dif­fé­rentes com­mu­nau­tés reli­gieuses et cultu­relles au fil des siècles. Elle com­prend une cita­delle, loca­le­ment appe­lé le Kala, dont la majeure par­tie fut construite au XIIIe siècle, bien que ses ori­gines remontent au IVe siècle avant JC. Le quar­tier de la cita­delle com­porte de nom­breuses églises byzan­tines, dont plu­sieurs du XIIIe siècle, ain­si que plu­sieurs mos­quées construites sous l’ère otto­mane qui débu­ta en 1417. Berat com­prend deux quar­tiers his­to­riques, Gorica et Mangalem. Les mai­sons carac­té­ris­tiques ont fait de Berat la Ville « aux mille fenêtres ».

Le site est remar­qua­ble­ment pré­ser­vé. Son centre urbain tra­duit la richesse de l’ha­bi­tat tra­di­tion­nel, à l’exemple des mai­sons éta­gées sur les col­lines, dont les nom­breuses baies favo­risent la péné­tra­tion de la lumière.

Dans l’en­semble, une cer­taine har­mo­nie règne, bien que l’im­pact du phé­no­mène des construc­tions de la fin des années 1990 soit visible. L’authenticité est satis­fai­sante, mais la ges­tion de la pré­ser­va­tion doit être ren­for­cée et effec­tuée avec soin.

BERAT-PARTENARIAT

Depuis 2010, Sites & Cités remar­quables échange avec Berat au tra­vers de la pré­pa­ra­tion d’un réseau de villes, de l’organisation de mis­sions d’expertises sur place, de sémi­naires et d’accueils de pro­fes­sion­nels et d’élus en France.
En 2016, la coopé­ra­tion a pris la forme d’une opé­ra­tion pilote cen­trée sur le quar­tier Gorice, en par­te­na­riat avec la Ville de Cahors, qui porte sur les axes de tra­vail sui­vants :

  • L’accompagnement sur l’évolution de la méthode d’inventaire
  • La mise en place d’une signa­lé­tique patri­mo­niale.
  • La mise en place d’une méthode de tra­vail pour la res­tau­ra­tion du patri­moine ver­na­cu­laire en inté­grant les dimen­sions qua­li­té patri­mo­niale et effi­cience éner­gé­tique.
  • L’accompagnement de la mise en place d’un centre d’interprétation du patri­moine dans le quar­tier Kala.

ELBASANHISTOIRE

Elbasan (ancien­ne­ment Skampis) est une ville du centre de l’Albanie située à l’est de Tirana sur le fleuve Sckumbin, d’une popu­la­tion de 140 000 habi­tants pour la muni­ci­pa­li­té. A l’époque romaine, y fut construite une for­te­resse. Elbasan devint un centre de com­merce et de trans­port impor­tant au cours des IIIe et IVe siècles. Elle fut détruite pen­dant les inva­sions slaves des VIIe et VIIIe siècles pour être inves­tie par les enva­his­seurs otto­mans, recons­truite au XVe siècle pour en deve­nir un centre de la civi­li­sa­tion urbaine.

C’est sous Zog Ier, durant l’entre-deux-guerres, qu’Elbasan connut son essor indus­triel avec les usines de tabac et de bois­sons alcoo­li­sées. L’architecture de la ville était alors recon­nue par ses bâti­ments publics, ses éta­blis­se­ments d’éducation, ses jar­dins publics et ses maga­sins en bois. La ville subit de lourdes des­truc­tions lors de la Seconde Guerre Mondiale. Après la guerre, sous le régime com­mu­niste, elle déve­lop­pa un impor­tant tis­su indus­triel notam­ment la métal­lur­gie au cours des années 1960.

Elbasan est située dans une posi­tion géo­gra­phique stra­té­gique. Elle est au croi­se­ment des axes nord, sud-est et sud-ouest et relie les villes prin­ci­pales du pays (Durrësi, Tirana, Dibra, Struga, Ohrid, Pogradeci, Korçe ou encore Gramshi). Par ailleurs, elle se trouve sur le cours de la rivière Shkumbin. Cette posi­tion lui a valu de gar­der une place cen­trale en Albanie.

ELBASANPARTENARIAT

Depuis 2014, des ate­liers fran­co-alba­nais trans­ver­saux regrou­pant archi­tectes, urba­nistes, pay­sa­gistes et spé­cia­listes de la média­tion du patri­moine tra­vaillent sur deux sujets : la média­tion du patri­moine et l’urbanisme patri­mo­nial. Ils ont abou­ti à la créa­tion d’un dépliant pour le jeune public, uti­li­sé par la Ville et le Directorat Régional de la Culture National (DRKK) pour la sen­si­bi­li­sa­tion du jeune public au patri­moine et à la réa­li­sa­tion d’une métho­do­lo­gie pour l’in­ven­taire du patri­moine de la cita­delle.

La deuxième phase de l’opération pilote consiste en la mise en place d’un inven­taire com­plet de la Citadelle (Kalaja) d’Elbasan, à l’intérieur duquel un riche patri­moine ver­na­cu­laire est pré­sent mais mécon­nu. Les équipes for­mées, l’appui de la ville et du Directorat régio­nal per­mettent de faire avan­cer rapi­de­ment le pro­jet.
L’inventaire sera par la suite uti­li­sé de manière opé­ra­tion­nelle dans le plan local d’urbanisme pour régu­ler les construc­tions dans le centre ancien d’Elbasan.