Retour sur le Groupe de travail ” Paysage, intercommunalité et documents d’urbanisme” à l’AMF le 4 juillet 2018

Compte-rendu du groupe de travail “Paysage, intercommunalité et documents d’urbanisme”

Présents : Jean-Paul BRIN, 1er adjoint ville de Pau, Laurence PHILIPPE, char­gée de mis­sion SPR Ministère de la Culture, Cédric BUREAU, char­gé de mis­sion valo­ri­sa­tion du patri­moine archi­tec­tu­ral, ville de Saint-Nazaire, Marie-José MIALOCQ, Maire d’Arbonne, CA Pays Basque, Jean ATTALI, pro­fes­seur hono­raire ENSA Paris, Régine CHAUVET, direc­tion CAUE 64, Denis GRANDJEAN, Expert Sites & Cités, Valérie GALPIN, archi­tecte urba­niste Angers Loire métro­pole, Emmanuel PRIEUR, pay­sa­giste-conseil de l’Etat, Gilles DE BEAULIEU, char­gé de mis­sion Paysage Ministère Transition éco­lo­gique et soli­daire, Karine MANGIN, char­gée de mis­sion Paysage Ministère Transition éco­lo­gique et soli­daire, Olivier BAYLE-VIDEAU, char­gé de mis­sion urba­nisme patri­mo­nial et déve­lop­pe­ment durable à Sites & Cités.

Excusés : Leïla CANTAL-DUPART, archi­tecte char­gée de mis­sion inven­taire Bordeaux Métropole, Gérard MERLIN, direc­teur pros­pec­tive et stra­té­gie ter­ri­to­riale Saint-Dié-des-Vosges.

Introduction Sites & Cités :

Olivier Bayle-Videau remer­cie les par­ti­ci­pants et les inter­ve­nants de cette demi-jour­née de tra­vail, qui fait suite aux pré­cé­dents ren­dez-vous de Pau de 2017.

La Loi LCAP a intro­duit avec les SPR la notion de Sites. Il n’y a donc pas de cli­vage entre le milieu urbain et le milieu rural. Le pay­sage se trouve alors, au même titre que le patri­moine bâti, au centre des enjeux de la conser­va­tion et la valo­ri­sa­tion. Ainsi, les docu­ments d’urbanisme se doivent de pro­po­ser des outils pour assu­rer cette valo­ri­sa­tion et don­ner de la cohé­rence à une poli­tique patri­mo­niale de ter­ri­toire. Le Paysage serait-il un ciment de l’intercommunalité ?

Jean-Paul Brin, 1er adjoint ville de Pau et pré­sident du groupe de tra­vail Paysage, remer­cie l’association. Il rap­pelle que la ville de Pau a été le lieu des pré­cé­dents ren­dez-vous, notam­ment sur la ques­tion de l’arbre, élé­ment du patri­moine urbain, puis donne la parole à Karine Magin, char­gée de mis­sion Paysage Ministère Transition éco­lo­gique et soli­daire, qui sou­tient la per­ti­nence de l’échelle de l’intercommunalité pour trai­ter de la ques­tion du Paysage, et que les conte­nus de ces ren­contres ali­men­te­ront le pro­chain Congrès National des 13 et 14 juin à Figeac. Elle remer­cie à nou­veau l’association de pla­cer la thé­ma­tique du Paysage à l’équivalent des autres patri­moines à conser­ver et valo­ri­ser, et com­mente les docu­ments du Club PLUi dis­tri­bués aux par­ti­ci­pants, qui pré­sentent l’approche pay­sa­gère comme fil rouge dans l’élaboration de ce docu­ment d’urbanisme.

Le pre­mier docu­ment est un dérou­lé du site club-plui.logement.gouv.fr, thé­ma­tique Paysage /​ Patrimoine, avec des comptes ren­dus des clubs PLUi de Picardie ou de Pays de la Loire. Le second, qua­li­fié par Jean-Paul Brin comme exem­plaire, est un dépliant à des­ti­na­tion des élus : « Pourquoi construire un PLUi par le biais d’une approche pay­sa­gère ? » qui pré­sente des affir­ma­tions ou idées reçues et des réponses argu­men­tées. Le troi­sième est un guide sur la prise en compte du pay­sage dans dif­fé­rents docu­ments d’urbanisme, édi­té par la DRIEE Ile de France. Enfin une note du groupe de tra­vail natio­nal « Paysage » du club PLUi four­nit des recom­man­da­tions métho­do­lo­giques sur la base de retours d’expériences et pré­sente les dif­fé­rents outils uti­li­sables, jusqu’à la mise en œuvre du PLUi.

Gilles de Beaulieu, char­gé de mis­sion Paysage Ministère Transition éco­lo­gique et soli­daire, pré­cise que dans le cadre des Plans de Paysage, la concer­ta­tion se com­plexi­fie sur des ter­ri­toires de plus en plus larges. Aussi com­ment la sim­pli­ci­té des Paysages, notion indis­pen­sable, peut être expri­mée dans une iden­ti­té locale ? S’il y avait un pre­mier écueil à évi­ter, ce serait de pen­ser que « je connais mon ter­ri­toire ». Il faut accep­ter un regard exté­rieur.

Pour Emmanuel Prieur, pay­sa­giste-conseil de l’Etat, ce regard exté­rieur doit être accom­pa­gné d’un regard inté­rieur, à savoir celui de la popu­la­tion. Les habi­tants portent un regard au-delà des fron­tières admi­nis­tra­tives des col­lec­ti­vi­tés. Il est à prendre en compte.

Deux exemples de com­munes nou­velles en Dordogne montrent com­ment le niveau d’intégration des habi­tants dans la démarche est tri­bu­taire de l’acceptation du pro­jet.

Le « pro­jet », le mot est repris par Gilles de Beaulieu qui rap­pelle qu’il est impor­tant de faire de cette démarche un pro­jet, et non pas le voir comme une évo­lu­tion subie. Pour Régine Chauvet, direc­trice du du CAUE 64, les élus du Béarn et du Pays Basque ont en majo­ri­té une forte volon­té de valo­ri­ser le pay­sage. Ce dont ils ont besoin, c’est sur­tout d’un accom­pa­gne­ment, ce que nous fai­sons au CAUE. Jean-Paul Brin confirme que la pre­mière iden­ti­té pour un ter­ri­toire est l’identité visuelle, donc le pay­sage.

Valérie Galpin, archi­tecte urba­niste Angers Loire métro­pole, pré­sente le PLUi Val de Loire construit sur 33 com­munes, inté­grant éga­le­ment le PLH et pre­nant en compte le plan de ges­tion UNESCO du site. Ce SPR de 1500 ha contient 1000 ha de pay­sage. A l’aide d’outils OAP (Orientations d’Aménagement et de Programmation), la méthode a été de car­to­gra­phier, diag­nos­ti­quer et pro­po­ser des orien­ta­tions. Quelques OAP locales ont éga­le­ment été réa­li­sées avec des orien­ta­tions plus fines.

Du côté de l’agglomération de Pau, Jean-Paul Brin pré­cise qu’il s’agit de 31 com­munes très majo­ri­tai­re­ment rurales sans patri­moine excep­tion­nel sauf Lescar, et Pau dont le PSMV est en cours. Le nombre d’espaces verts à Pau est consi­dé­rable, repré­sen­tant 83 m² par hab. Il y a plu­sieurs décen­nies les « Horizons Palois » ont été conser­vés. Cette vue vers le sud et les Pyrénées est pré­ser­vée depuis long­temps. Aujourd’hui, le regard se porte vers le Nord et les friches. Quant à l’AVAP, l’outil veille au clas­se­ment des parcs, des jar­dins mais aus­si des clô­tures.

Emmanuel Prieur évoque les « Parcs Naturels Urbains ». Un concept très enve­lop­pant qui per­met d’assurer une meilleure média­tion des pro­jets auprès de la popu­la­tion. Il y a pour lui deux manières d’aborder le pay­sage : par le biais de l’inventaire, mais aus­si d’une manière plus sen­sible. Le parc natu­rel urbain inclut dans un docu­ment d’urbanisme per­met une pré­sen­ta­tion simple. Des parcs de ce type sont à visi­ter (Carcassonne, Mont-de-Marsan, Agen…)

Karine Mangin revient sur le conte­nu du Congrès 2019, avec la ques­tion sur le choix du sujet rela­tif au Paysage. Quelle bonne pra­tique, « bonne sur­prise » est à par­ta­ger ?

Olivier Bayle-Videau pro­pose de faire entendre l’expérience de l’agglomération de Rodez qui a su, au tra­vers de son PLUi et son PADD faire entendre le Paysage comme fil rouge de l’intercommunalité. Une pro­po­si­tion relayée par Denis Grandjean.

Régine Chauvet du CAUE 64 pré­cise que ces der­nières années il y a eu des muta­tions dans les docu­ments de ges­tion. Avec un PLUi, on fait de l’urbanisme de pro­jet, à la dif­fé­rence d’un POS. Et les pay­sage est trai­té à dif­fé­rentes échelles : il y a le pay­sage du quo­ti­dien, le grand pay­sage etc.

Cédric Bureau, char­gé de mis­sion valo­ri­sa­tion du patri­moine archi­tec­tu­ral à Saint-Nazaire, demande pour­quoi les « Atlas des pay­sages » sont si peu uti­li­sés pour la média­tion envers les publics. A la réponse qu’il s’agit le plus sou­vent d’un simple inven­taire, Jean Attali, pro­fes­seur hono­raire à l’ENSA de Paris réagit : « vous seriez éton­nés de savoir com­bien les gens ont appé­tit de la connais­sance des pay­sages. Il y a des Atlas très bien écrits, qui racontent des his­toires, comme ceux de PAU, Bordeaux, Agen etc. »

En conclu­sion, Jean-Paul Brin remer­cie les par­ti­ci­pants pour ces échanges riches qui nour­ri­ront le pro­chain Congrès dont un ate­lier por­te­ra sur la dimen­sion pay­sa­gère du patri­moine.

Prochaine ren­contre :

Le pro­chain groupe de tra­vail se tien­dra au der­nier tri­mestre 2018, et por­te­ra sur le conte­nu de l’atelier dédié au Congrès : sujets à trai­ter, bonnes pra­tiques à révé­ler, inter­ve­nants à choi­sir.