Découverte de la tombe d’une infirmière française au cimetière de Bitola

photographie de Kaliopa Stilinovic

Peu de temps après la célé­bra­tion du cen­te­naire de la Première guerre mon­diale, le Mémorial du cime­tière mili­taire fran­çais de Bitola en République de Macédoine pour­rait bien accueillir le récit de Marthe de Goutière, une infir­mière fran­çaise qui s’est dis­tin­guée par son exem­pla­ri­té au cours de la Grande Guerre.

À l’occasion d’un hom­mage ren­du à un poi­lu, Laurence Auer, Directrice de la culture au Ministère de l’Europe et des Affaires Étrangères et ancienne Ambassadrice de la France en République de Macédoine, a fait l’étonnante décou­verte d’une sépul­ture sur laquelle était ins­crit le nom fémi­nin de « Marthe de Goutière », alors même qu’aucune femme n’était réper­to­riée dans le registre du cime­tière. Après quelques recherches, les arrière-petits-neveux de cette der­nières ont été retrou­vés. Par chance, la mémoire docu­men­tée de cette aïeule hors du com­mun leur avait été trans­mise.

Ce tra­vail de mémoire a été réa­li­sé en étroit lien avec Christian Thimonier, Ambassadeur de France en République de Macédoine ain­si que la consule hono­raire, Kaliopa Stilinovic, qui anime les pro­jets de coopé­ra­tion entre Sites & Cités remar­quables et la Ville de Bitola depuis 2003.

 

Marthe de Goutière a réa­li­sé la qua­si-tota­li­té de sa vie d’infirmière à l’étranger, notam­ment en Asie. Au début de la guerre, en 1914, elle tra­vaille à l’hôpital mili­taire de Fès au Maroc et est rapi­de­ment affec­tée dans la Marne. L’année sui­vante, on l’envoie à Salonique en Grèce sur le front d’Orient où elle est nom­mée à la tête d’un groupe d’infirmières. En 1918, elle est ensuite mis­sion­née à Koritsa, en Albanie, à une cen­taine de kilo­mètres du cime­tière de Bitola. Elle y contracte une pneu­mo­nie à laquelle elle ne sur­vit pas.

Tout au long de sa car­rière et de ses mul­tiples dépla­ce­ments, Marthe de Goutière a été recon­nue et récom­pen­sée pour son zèle, son dévoue­ment et son pro­fes­sion­na­lisme. Laurence Auer, émue par l’histoire de cette héroïne de la Première guerre mon­diale louée et hono­rée au même titre que n’importe quel poi­lu, est déter­mi­née à lui faire hon­neur et à faire connaître son par­cours édi­fiant au plus grand nombre.