Retour sur la réunion des groupes de travail « Territoires et bourgs-centres » & « Commerces en centre ancien » à Saint-Flour, le 30 juin 2017

En par­te­na­riat avec la Ville de Saint-Flour, Saint-Flour com­mu­nau­té, le Pays d’art et d’histoire de Saint-Flour, la Caisse des Dépôts et Consignations et le minis­tère de la Culture, la 5réunion du groupe de tra­vail « Territoires et bourgs-centres » a été jume­lée avec l’atelier « Commerces en centre ancien » de Sites & Cités remar­quables de France.

Saint-Flour, Journée Centre-bourgEn pré­sence du Maire de Saint-Flour, Président de Saint-Flour com­mu­nau­té et Vice-pré­sident de Sites & Cités remar­quables de France, Monsieur Pierre JARLIER, cette jour­née avait pour thé­ma­tique « Redynamiser les com­merces des petites et moyennes villes ». Monsieur le Maire a bien insis­té, tout au long de la jour­née, sur l’importance de cette mise en réseau pour échan­ger sur les bonnes pra­tiques de cha­cun et sur les expé­riences res­pec­tives. Ce qu’il faut sur­tout rete­nir lorsqu’on parle de redy­na­mi­sa­tion com­mer­ciale, c’est que celle-ci ne peut pas se trai­ter de manière iso­lée. Elle fait par­tie d’une démarche trans­ver­sale de redy­na­mi­sa­tion du cœur de ville, liée aus­si aux ques­tions d’habitat, comme le montre le pro­jet de la Ville de Saint-Flour, mais aus­si de mobi­li­tés, de qua­li­té des espaces publics, etc. Ces approches glo­bales doivent être pen­sées à l’échelle des bas­sins de vie afin de prendre en compte les dyna­miques en péri­phé­rie. Il n’empêche que chaque ter­ri­toire ait ses propres spé­ci­fi­ci­tés sur ces ques­tions et que les ini­tia­tives locales sont une clé essen­tielle dans ces pro­jets de redy­na­mi­sa­tion.

Environ 50 per­sonnes ont par­ti­ci­pé à cette jour­née, repré­sen­tants les Villes de Murat, Decazeville, Pézenas, Cahors, du Puy-en-Velay, la com­mu­nau­té d’agglomération d’Issoire et la com­mu­nau­té de com­munes de l’Ouest rho­da­nien, Saint-Flour com­mu­nau­té, ain­si que des ser­vices de l’Etat, la DIRECCTE, le CGET, l’UDAP et des CAUE de la région.

Introduite par Raymond VAILIER, conseiller muni­ci­pale délé­gué au Patrimoine à la Ville de La Réole, dont le Maire, Bruno Marty, pré­side le groupe de tra­vail « Territoires et bourgs-centres », et par Marguerite TARISSON, adjointe au maire à la Ville de Saint-Flour en charge du cadre de vie, de l’environnement, du loge­ment et du cadre de vie, la réunion s’est orga­ni­sée autour de deux ate­liers : un pre­mier ate­lier autour de la lutte contre la vacance com­mer­ciale et un deuxième ate­lier sur la qua­li­té archi­tec­tu­rale et l’animation des rez-de-chaus­sée. La jour­née a aus­si été ryth­mée par une pré­sen­ta­tion du pro­jet de redy­na­mi­sa­tion de Saint-Flour « Saint-Flour, un centre-bourg à par­ta­ger » par Emmanuelle BAUDIN, direc­trice géné­rale des ser­vices à la Ville de Saint-Flour et une visite du centre ancien de Saint-Flour, notam­ment sur le site du pro­jet de la future Maison de l’Habitat et du Patrimoine, sur la place d’Armes et dans la Halle aux Bleds, ani­mée par Sandrine DAUREIL, ani­ma­trice de l’architecture et du patri­moine du Pays de Saint-Flour.

LUTTER CONTRE LA VACANCE COMMERCIALE

Cette ques­tion est cen­trale pour les col­lec­ti­vi­tés qui se lancent dans des pro­jets de redy­na­mi­sa­tion de leur cœur de ville. Suite aux récents rap­ports et études, la situa­tion est, pour beau­coup de ter­ri­toires, alar­mante. Avec des taux de vacance com­mer­ciale oscil­lant entre 10 et 11% pour les petites et moyennes villes, il est essen­tiel de com­prendre les causes, qui peuvent être variables selon les ter­ri­toires, l’organisation spa­tiale des com­merces et leurs natures.

C’est ce que Franck Chaigneau, expert pour la Caisse des Dépôts et Consignations sur le déve­lop­pe­ment rural, a rap­pe­lé en intro­duc­tion, avant d’animer les inter­ven­tions d’Arnaud SEMETEYS, conseiller com­merces et ser­vices à la Chambre des Commerces et de l’Industrie du Cantal, de Caroline ARNOUX, res­pon­sable du ser­vice Gestion des immeubles de l’EPF Smaf Auvergne et d’Alexis SIUTKOWSKI, consul­tant pour la pla­te­forme Acheteza. Ces trois inter­ven­tions avaient pour objec­tifs de par­ta­ger trois outils au ser­vice des col­lec­ti­vi­tés pour redy­na­mi­ser les com­merces de cœur de ville et lut­ter contre la vacance com­mer­ciale.

En s’appuyant sur des exemples concrets de ter­ri­toires, ces pré­sen­ta­tions ont per­mis d’aborder la ques­tion des aides finan­cières à dis­po­si­tion des col­lec­ti­vi­tés dans le cadre de pro­jet de redy­na­mi­sa­tion com­mer­ciale, avec un focus sur le FISAC, aujourd’hui seul fonds d’investissements de l’Etat sur les ques­tions com­mer­ciales. D’autres aides existent aus­si, mais il est vrai que la com­plexi­té du mon­tage de dos­sier FISAC pour les col­lec­ti­vi­tés, ajou­té au temps pas­ser à mon­trer d’autres dos­siers de demande d’aides appa­raissent comme un véri­table frein, là où les ter­ri­toires ont aus­si peu de moyens d’ingénierie en interne pour consti­tuer ces dos­siers. La CCI du Cantal pro­pose ain­si un dos­sier unique à consti­tuer par les chefs d’entreprise pour mobi­li­ser les finan­ce­ments à la fois du FISAC, de fonds euro­péens et des fonds des EPCI.

Les Établissements publics fon­ciers (EPF) locaux sont aus­si des outils dont se sai­sissent les col­lec­ti­vi­tés dans le cadre d’une restruc­tu­ra­tion urbaine de leur cœur de ville et d’acquisition fon­cière. Ainsi l’EPF Smaf Auvergne pro­pose aux col­lec­ti­vi­tés de l’ancienne Région Auvergne d’adhérer à leur struc­ture. Cette adhé­sion leur per­met de béné­fi­cier des dif­fé­rents ser­vices de l’EPF : négo­cia­tion fon­cière, acqui­si­tion gérée par l’établissement, pos­si­bi­li­té aus­si que l’EPF uti­lise le droit de pré­emp­tion, etc. Les pro­jets se situent géné­ra­le­ment sur un temps long, entre 12 à 20 ans, mais cela est un véri­table appui aux petites col­lec­ti­vi­tés, leur per­met­tant ain­si de se déles­ter du poids lourd des acqui­si­tions fon­cières dans le cadre de pro­jet de redy­na­mi­sa­tion.

La der­nière inter­ven­tion de la mati­née avait pour objec­tif de ques­tion­ner la place et le déve­lop­pe­ment du numé­rique dans l’offre com­mer­ciale. Le e‑commerce peut appa­raître comme une véri­table forme concur­rente aux com­merces de cœur de ville. Comment faire en sorte d’adapter les com­merces à ces nou­veaux usages et de faire du numé­rique une valeur ajou­tée ?

La pla­te­forme Acheteza pro­pose ain­si de créer un site inter­net d’achat unique où les usa­gers pour­ront à la fois faire leurs achats auprès des com­mer­çants de centre-ville s’étant ins­crits sur le site, mais aus­si auprès des dif­fé­rents ser­vices publics que peut pro­po­ser la col­lec­ti­vi­té enga­gée dans la démarche. C’est une démarche trans­ver­sale qui remet en ques­tion les fron­tières entre le public et le pri­vé pour créer un gui­chet unique des ser­vices et com­merces sur le ter­ri­toire.

Cela néces­site d’avoir un ani­ma­teur sur le ter­ri­toire qui puisse coor­don­ner cette pla­te­forme et faire le lien avec tous les acteurs. Les com­mer­çants doivent aus­si s’investir plei­ne­ment dans le dis­po­si­tif puisque c’est eux qui gèrent et ali­mentent leur page sur la pla­te­forme.

Mis en place sur la com­mune du Puy-en-Velay, c’est l’Office des com­merces qui gère la pla­te­forme et une per­sonne est en charge de faire toutes les livrai­sons. Sur d’autres ter­ri­toires la ques­tion des livrai­sons se posent. L’appel aux ser­vices de La Poste repré­sente des coûts assez chers et peu ren­tables pour les com­mer­çants.

QUALITÉ ARCHITECTURALE ET ANIMATION DES REZ-DE-CHAUSSÉE

L’atelier de l’après-midi a été consa­crée plus spé­ci­fi­que­ment aux rez-de-chaus­sée. Ils contri­buent for­te­ment à la qua­li­té du cadre de vie en centre ancien, leurs vitrines sont les pre­miers élé­ments aux­quels les usa­gers sont confron­tés sur les façades d’immeubles. Penser ain­si une cohé­rence et une qua­li­té de ces espaces contri­bue à redon­ner une nou­velle image au centre ancien. Les vitrines de com­merces vacants étant per­çus néga­ti­ve­ment, il faut réflé­chir à une manière d’occuper et d’animer ces lieux avant l’installation d’un por­teur de pro­jet.

La Ville de Saint-Flour a ain­si mené une réflexion autour de la qua­li­té des enseignes et rez-de-chaus­sée sur son ter­ri­toire sur son site patri­mo­nial remar­quable, avec un cer­tain nombre de pres­crip­tions sur les devan­tures, les stores et les enseignes, en concer­ta­tion avec l’UDAP du Cantal et le CAUE du Cantal. C’est que Julien MAJDI, du ser­vice Urbanisme de Saint-Flour com­mu­nau­té, Serge FOURNIAUX de l’UDAP du Cantal et Marie-Christine CHRISTIAENS, direc­trice du CAUE du Cantal ont pré­sen­té. Cela inter­vient en amont d’une réflexion pour la mise en place d’un règle­ment local de la publi­ci­té, docu­ment qui pour­ra asseoir ces pres­crip­tions et le res­pect de la qua­li­té archi­tec­tu­rale des rez-de-chaus­sée.

Enfin, la jour­née s’est ter­mi­née par la pré­sen­ta­tion d’un pro­jet mené sur la ville de Saint-Etienne, dans la rue de la Ville, plus vieille rue de Saint-Etienne. Ce pro­jet réunit dif­fé­rentes asso­cia­tions, dont le Crefad Loire, asso­cia­tion d’éducation popu­laire, dont deux de leurs repré­sen­tants, Thomas FREMAUX et Julie CHAMPAGNE sont venus pré­sen­ter la démarche appe­lée « Ici bien­tôt — Activer les rez-de-chaus­sée pour des rues vivantes ».

Ce pro­jet a pour voca­tion de refaire vivre les rez-de-chaus­sée com­mer­çants de cette rue, pour une grande par­tie, vacants, tout en per­met­tant de relan­cer des dyna­miques sur le quar­tier. Impulsé dans le cadre de la Biennale du Design de Saint-Etienne en 2015 avec un appel à pro­jet « Human cities », ce pro­jet s’est orga­ni­sé autour de dif­fé­rentes phases : un pre­mier temps de work­shop pour co-construire une stra­té­gie avec l’ensemble des acteurs du ter­ri­toire, tant publics que pro­fes­sion­nels ou des asso­cia­tions et habi­tants du quar­tier. Cette phase a aus­si été l’occasion de sen­si­bi­li­ser sur cette ques­tion à tra­vers dif­fé­rents évé­ne­ments convi­viaux dans le quar­tier et à l’extérieur. Ici Bientôt s’est doté d’un local au sein de la rue qui lui per­met un véri­table ancrage auprès des acteurs locaux et une visi­bi­li­té impor­tante.

La deuxième phase s’est consti­tuée pen­dant plu­sieurs semaines autour de dif­fé­rentes expé­ri­men­ta­tions de diverses acti­vi­tés au sein de cel­lules com­mer­ciales vides : café, bou­tique d’artisanat, expo­si­tion… En échange d’une mise à dis­po­si­tion gra­tuite de ces locaux par les pro­prié­taires, ces rez-de-chaus­sée ont été ani­més pen­dant quelques semaines, et sou­vent avec suc­cès. Un tra­vail de sen­si­bi­li­sa­tion et de par­ti­ci­pa­tion des habi­tants de la rue a aus­si conti­nué avec des balades audios autour de la mémoire du quar­tier, l’utilisation des vitrines comme lieux d’expressions artis­tiques et des chan­tiers béné­voles pour requa­li­fier les devan­tures.

Ce pro­jet a aujourd’hui abou­ti sur le concept des bou­tiques test en archi­pel, en écho aux espaces test en archi­pel en archi­tec­ture. Ce concept, qui se base sur cette notion d’expérimenter, démontre que le com­merce ne se gère plus comme avant et qu’il faut l’adapter aux nou­velles pra­tiques et usages.

La jour­née s’est conclue par un mot de Raymond VAILIER et Pierre JARLIER qui ont tous deux sou­li­gné l’importance de ces jour­nées d’échanges entre élus et tech­ni­ciens enga­gés dans des pro­jets de redy­na­mi­sa­tion de leur centre ancien. La mise en réseau est un véri­table appui aux col­lec­ti­vi­tés et l’organisation de temps d’échanges comme celui-ci per­met d’enrichir la réflexion de chaque pro­jet de Ville des expé­riences et bonnes pra­tiques des autres ter­ri­toires.